*L'art de la miniature, l'art du pastel*L'art de la miniature, l'art du pastel*L'art de la miniature, l'art du pastel*

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ROSALBA CARRIERA

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Aujourd’hui, le terme miniature évoque principalement des objets de petite taille de type maquettes ou modèles réduits. Mais il se réfère avant tout à l’art de peindre des sujets d’une facture délicate et de petite dimension, en opposition aux peintures de grand format.

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Cet art remonte en effet au XVIe siècle et découle de la technique de l’enluminure.

Au MoyenÂge, un pigment rouge, le minium, était alors utilisé pour orner les manuscrits de peintures raffinées.

 

 Breviaire GRIMANI.

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C'est de ce terme que dérive le mot miniature qui désigna assez rapidement de petits portraits peints hors du contexte du livre.

Soit de par son  support (vélin, ivoire…), soit de par la fonction qui lui est assignée, la miniature témoigne d’une grande diversité tant dans ses formes que dans ses dimensions.

Si l’art de la miniature bénéficie  d’une importante liberté dans le choix des sujets peints.:paysages, scènes de genre ou d’histoire, natures mortes,  c’est  cependant  le  portrait qui domine largement la production.

Contrairement au portrait en grand, le portrait en miniature 

ne s’offre qu’à la vue de son propriétaire ou de son cercle d’initiés

 

Collection personnelle.Tempera sur velin.Broche:5cm x 4 cm.

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Portrait intime, il témoigne du lien sentimental, affectif, ou de dévotion unissant son destinataire au modèle. Représentant souvent un parent ou l’être aimé, les miniatures sont vouées à rappeler le souvenir de l’absent ;"" le miniaturiste Jean-Baptiste ISABEY  les baptise même du titre de « portraits de consolation ».""

 

Au-delà de cette image-souvenir, le cadre de ces portraits devient lui-même un objet d’art.

 Il ,n’est  pas rare d’insérer de petites peintures dans le couvercle de boîtes ou de tabatières, très

prisées sous le règne de Louis XV.

 La miniature devient  alors un objet fonctionnel ornant des

bonbonnières, des boîtes à pilules, puis au XIXe siècle, des carnets de bal ou des presse-papiers.

 

Richard COSWAY.(autoportrait)

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Jean PETITOT

**(Collection de la Reine d'Angleterre )

Vers 1520 apparaissent les premières miniatures hors du contexte des livres. Malgré cette nouvelle indépendance, leur technique reste relativement proche de celle des enluminures.

Durant le XVIe siècle, la pratique de l’aquarelle et de la gouache sur du parchemin très fin (appelé vélin) est  la plus répandue dans les ateliers des miniaturistes.

À partir du XVIIe siècle, les supports et techniques se diversifient (cuivre, papier, …). Parallèlement à cet enrichissement des méthodes, on assiste à l’émergence de l’émail.

Cette technique, pourtant connue dès le XVe siècle n' atteint son apogée que  deux siècles plus tard avec les œuvres de Jean Petitot, orfèvre devenu peintre de miniatures.

 

Vers 1700, la miniature sur ivoire est  introduite en Europe par la Vénitienne Rosalba Carriera.

(RC. portrait  d'un homme )

En France, le vélin continue d’avoir les

faveurs des miniaturistes jusqu’à l’arrivée de Pierre Adolphe Hall,

miniaturiste suédois installé à Paris en 1766. Dès lors, la période de 1770 à 1840, est considérée comme l’âge d’or de la miniature, l’ivoire domine la production.

 

Pierre Adolphe HALL, (aquarelle sur velin)

 Le pastel," fleur de poussière et de vie "

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Si le pastel est utilisé depuis longtemps par les artistes - Léonard de Vinci le qualifie déjà de « mode à colorier à sec » -, le XVIIIe siècle voit le triomphe de cette technique.

Certes, Charles Le Brun l’utilise déjà pour noter les traits de Louis XIV. Certes, Nicolas Dumonstier est reçu premier pastelliste à l’Académie royale dès 1665.

Toutefois, il faut attendre le deuxième quart du XVIIIe siècle pour que le pastel connaisse un véritable engouement et une pratique moins confidentielle.


Le pastel, qualifié de « fleur et de poussière de vie » par les frères Goncourt, est une technique sèche de dessin. 

De l’argile broyée mêlée à des poudres de couleurs, un liant (en l’occurrence de la gomme arabique) et une terre destinée à donner de la consistance à la préparation sont les composants de base. L’argile assure la cohésion des pigments et sa plasticité est stabilisée par un agent captant l’humidité de l’air, tel que le miel. 

L’ensemble est façonné en petits cylindres mis à sécher.

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Le tracé du pastel se caractérise par un aspect poudreux et velouté. C’est sa nature granuleuse qui, en provoquant la réfraction de la lumière, lui donne un éclat particulier. Il offre à la fois la polychromie du trait (sous forme de hachures ou de touches fines), et la coloration des surfaces par frottis et estompage (au doigt ou au chiffon).

Toujours très apprécié pour la rapidité d’exécution qu’il permet, le pastel atteint aujourd’hui les mille cinq cents nuances, pour environ cinq cents au XIXe siècle.

Il s’applique sur un support papier généralement teinté ou un carton doté d’un grain abrasif plus ou moins fort, qui accroche les particules poudreuses.
Ces différents supports pouvaient être marouflés sur une toile puis montés sur châssis lorsque le pastel était composé de plusieurs feuilles de papier. L’ensemble était alors placé dans un cadre ménageant un espace entre l’œuvre et la vitre afin d’éviter tout frottement. Car le pastel présente un inconvénient : sa fragilité. Il s’efface au moindre contact et nécessite une fixation. Projeté par pulvérisation sur la surface de l’œuvre, un fixatif  à base d’un solvant volatil (eau et alcool) et d’un adhésif transparent (gélatine) se généralise au cours du XVIIIe siècle.

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Maurice-Quentin Delatour va chercher pendant de longues années la formule du fixatif idéal qui ne ternit ni l’éclat du coloris, ni n’écrase la légèreté de la poudre du pastel. Plusieurs œuvres témoignent de ses essais . En 1753, Antoine-Joseph Loriot, mécanicien du roi et ami de Delatour, met au point un nouveau fixatif, rapidement approuvé par l’Académie royale de peinture

La Vénitienne Rosalba CARRIERA  transforme son passage à Paris (1720-1721) en un véritable événement artistique. Ses portraits très admirés ravivent le goût pour une technique brillante et flatteuse :le pastel !

Maurice-Quentin DELATOUR  en fera des copies, dont certaines sont conservées au musée de Saint-Quentin.

 

Rosalba Carriera
Nymphe de la suite d’Apollon

Pastel
H : 0,30 m ; L : 0,20 m

Paris, musée du Louvre, département des Arts graphiques

 

Maurice-Quentin Delatour 

d’après Rosalba Carriera
Nymphe de la suite d’Apollon.

Pastel
H : 0,56 m ; L : 0,42 m

Saint-Quentin, musée Antoine Lécuyer

Rosalba Carriera...

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